Sélection du message

L'Allemagne? Tout un poème, le vôtre!

À l'occasion du Printemps des Poètes 2017, j'invite les poètes de tous les pays à rédiger un texte sur l'Allemagne, sa culture,...

vendredi 31 mars 2017

Sans aller outre Rhin

Sans aller outre Rhin


Résultat de recherche d'images pour "goethe schiller"
Goethe et Schiller...




A l’instant d’écrire sur, ne sais plus quels mots…


N’ai jamais franchi la frontière

Ou si peu que ne m’en souviens guère


Ne suis pas de là, ni d’ici, d’ailleurs…


Ne suis jamais allé

N’ai jamais appris

La langue de Goethe ou de Schiller


Qu’importe que tu sois, seules nos langues nous font autres…

N’ai donc jamais pu lire

Ni Kant ni Hegel

N’ai rien su d’Heidegger

Sinon qu’il vint en mon voisinage

Rencontrer Alexandre, capitaine de résistance


Pourtant mon chemin croise le tien…


Et toujours amour s’en vient

Me tarauder de son chant


Ta voix et la mienne suivent les chemins discrets…


Nous prenons langue

En terre de nostalgie

Schubert nous ouvre des portes hivernales


Nous voici en cette étreinte par-dessus les frontières…


Sans jamais les franchir

M’en suis affranchi

Pour mieux comprendre


Rien de mieux que l’amour qui vogue au-dessus des soupçons…


N’ai cependant jamais franchi la frontière

Suis juste allé m’incliner sur le tombeau de Benjamin


Nul baiser échangé par-dessus les barbelés du temps…


Parfois nous franchissons la frontière

Nos pupilles brillent de nous comprendre sans mots


Cœurs battant nos bras hésitent à quitter l’ombre…

M’en vais, pensif compagnon d’infortune

Cultiver la mémoire de tous les sacrifiés


Qu’importent barrières et frontières, nous prenons langue…


Tant s’en vont

Au pas cadencé

Répandre la peste


Nous prenons langue en infini baiser

Ignorant frontières barbelés

Nous allons haletant

Ouvrir d’autres portes




Xavier Lainé


dimanche 12 mars 2017

Pas loin du Tegernsee

Pas loin du Tegernsee (Rondeau)

Résultat de recherche d'images pour "tegernsee"

Pas loin du Tegernsee, un torrent de Bavière
Qu'il fallait protéger par des gabions, des pierres
Nous étions étrangers, nous souder pour de bon
Ensemble travailler, déclencher un rebond
Ces anciens jours d'été, les revis, comme hier


J'étais le seul Français, je ne connaissais guère
Que ma langue ou l'anglais, et pourtant j'étais fier
De partager mes jours avec l'autre, au charbon
Pas loin du Tegernsee


Ils parlaient grec ou turc, des langues étrangères
Amis, filles surtout, arboraient des bannières
Mais voulaient partager avec tous, oh, pardon
J'oublie le mec venu de Rostov sur le Don
C'étaient truites le soir, et bocs et bocs de bière
Pas loin du Tegernsee



Bruno Leclerc du Sablon (11 mars 2017)


mercredi 8 mars 2017

Mein Deutsch

Mein Deutsch
 

Résultat de recherche d'images pour "correspondants franco allemands"

 
Ich bin, du bist,
Das Heft, der Stift,
So war mein Deutschanfang,
So jung war ich zu der Zeit.
 
Von Tag zu Tag mehr und mehr Wörter,
Von Jahr zu Jahr wird Grammatik richtiger,
Mit so begeisterten Deutschlehrern
So wird Deutsch mir interessant.
 
Nachher spreche ich Deutsch von Zeit zu Zeit
Mit Partnerstadtfreunden
Schreibe ich einige Briefe und Emails
Um Briefmarken mit Sammlern zu tauschen.
 
Und jetzt, fast im Alter Grossmutter zu sein,
Macht es mir immer Freude
Jede Woche Freunde aus Lyon zu treffen,
Um Deutsch zu lesen und zu sprechen.



Marie-Christine Vial

Résultat de recherche d'images pour "Brieffreundschaft frankreich"
  

L’Allemagne

L’Allemagne 


Fachwerkhäuser in der Hauptstraße, Ochsenfurt, Mainfranken, Unterfranken, Franken, Bayern, Deutschland, Europa
http://www.tradebit.de/filedetail.php/104028849v6804081-fachwerkhaeuser-in-der-hauptstrasse-ochsenfurt-mainfranken-unterfranken


Dans les dentelles du ciel 
se balancent les oiseaux 
rideau providentiel
d'où remontent les bateaux
le Rhin charrie la vie
dans une tendre harmonie
cet écrin de verdure
entrecoupe les murs 

dans les dentelles du ciel
les très hauts toits pointus
en bleu marine pastel
aux mousses interrompues
s’agrippant aux doux rêves
ce vieil artiste en trêve
fume une cigarette
qui danse dans sa tête

dans les dentelles du ciel
les vapeurs du blanc sec
étourdissent l'arc-en-ciel
les cigognes ferment leur bec
de leurs fiers colombages
les maisons fêtent leur âge
l'Allemagne est très fière 
elle peut être première.


Marc Loy





farbenstarkes Fachwerk in Schmalkalden, Germany:




Limoges mes croissants

Limoges mes croissants


Aucun texte alternatif disponible.
Bergische Landwehr 16 in Duisburg, bei den Großeltern...
Chez mes grands-parents allemands à Duisbourg...


Limoges mes croissants.

La quatre-cent-quatre de papa, et presque la Belgique. Chocolat 

Côte d’Or en apnée frontalière.

Les gouttes se chevauchent sur

la vitre embrumée.

Les briques se font brunes, Ulrike ma poupée a pris l’avion.

Au réveil, je suis au bled : mon métissage à moi

a la couleur du Rhin.



Sabine Aussenac






lundi 6 mars 2017

500 Jahre ist es schon her

500 Jahre ist es schon her



Résultat de recherche d'images pour "Luther"


500 Jahre ist es schon her
Daß Luther seine Thesen klebte
Er setzte sich der Kirche zur Wehr
Und der ganze Klerus bebte
Er wollte keinen Erlas von Sündenstrafen
Die Sünder sollten echte Reue zeigen
Und nicht als dumme Schafe 
Sich der Obrigkeit neigen. 

Constance Béthoux


samedi 4 mars 2017

Canons étonnants et tonnant

Canons étonnants et tonnant


Pour Peter Klaus de la Freie Universität Berlin
et May Livory de Barde la Lézarde,
« pastille », ou plutôt « j’ai lu le… » poétique*


Blogodo ! Voilà que tonnent
Soudain les canons étonnants
Des littératures francophones
À Berlin, en docte symposium
En grand painting, en grande pompe.
« Ich weiß nicht, was soll es bedeuten,
Daß ich so traurig bin. »
J’ignore ce que signifie
Cette tristesse infinie.
Devrais-je être dans mes petits souliers
Pour éviter de débarquer
Là-bas avec mes gros sabots
De petite marronne insulaire ?
La Lorelei, du haut de son rocher chantant,
au bord de son fleuve enchantant
navigateurs et romantiques,
la nixe envoûtante de Heine
me met en garde, ensorcelante.
Gare à ne pas faire la bitako,
Quasimodo, grosso modo
En ce cénacle universitaire
Où, trompeuses, sonnent et claironnent
Les trompettes de la renommée,
Où se mettent en perce ces mystères
D’iniquité.
Hors de question que je détone
Ni que je détonne.
Woy papa’y ! Voilà que résonnent
Vieux canons et perspectives !…
Manman ! Voilà qu’on raisonne :
Grands dieux ! Sont-elles mortes ou vives
Nos Belles-Lettres francophones ?
Pour ma part je ne m’en soucie guère.
Il est grand temps que je marronne.
N’est-ce pas le Roi des Aulnes
« Qui chevauche si tard à travers la nuit et le vent ? »
Ni le Cheval Trois Pattes des Antilles
ni soucougnan ni zombi.
« Avant que vous comptiez dix »,
ô Goethe, ô Rainer Maria Rilke…
« Was mich nicht umbringt, macht mich stärker, »
« Ce qui ne me tue pas me rend plus fort »,
dans Le crépuscule des idoles
de Nietzsche…
Ni maîtres ni métropoles
Ni Dette de sale fric
Pour l’Afrique
 Ni règles ni normes
Ni Code Noir ou blanc
Mais marron
Ni lois pour atteindre l’Idéal
Ni canons tonnant
 Ne m’étonnent.

Suzanne Dracius


*Nota bene :
 La  « pastille » est une prescription de May Livory, un médicament poétique qui finit et commence par le même phonème à la rime ; moi, vu la forme oblongue de mon poème, j’ai plutôt fait une « gélule » — une « j’ai lu le… »…

vendredi 3 mars 2017

Nocturne Wagnérien

Nocturne Wagnérien

Résultat de recherche d'images pour "erlkönig"


La lune avait saigné sur un nuage spectral
Quand le cavalier noir fit cabrer sa monture,
ses yeux bleus étaient ceux d’un enfant boréal
deux ours s’entre-griffaient sur l’acier de l’armure,
la lune avait saigné sur un nuage spectral
et je le vis descendre dans le lac d’azur,
la lune avait saigné sur un nuage spectral
quand le cavalier noir fit cabrer sa monture.


©José Le Moigne
1965

http://www.potomitan.info/lemoigne/

http://ordesiles.com/2016/03/jose-le-moigne/


mercredi 1 mars 2017

Deutsch


Deutsch



Die Sprache ist hier angestammt;

Die Mutter fing ja damit an,

Auf Strasse, im Bau, scholl  ihr klang.

Durch Verbrechen wird sie verdammt,

Seither gilt Vater Rhein als Zaun;

Land und Leute kenne ich kaum,

Dichter und Denker bleiben fremd,

Von Mächtigsten tragen wir Hemd.

So bequemer wirkt jetzt der Lauf,

Bekommt mal Würde guten Kauf ?


                                Ein Elsässer, Hornung 2017
                                                



L’allemand

Cette langue est ici héritage / Cela débuta au berceau / Dans les rues, sur les chantiers résonnaient ses accents /  Des crimes commis la bannissent  / Depuis notre Rhin fait barrière / J’ignore jusqu’aux gens et leurs paysages / Poètes et penseurs restent étrangers / Des maîtres nous portons les couleurs / Les parcours en sont d’autant plus aisés / La dignité sera-t-elle un jour de mode ?


Robert Joachim

Résultat de recherche d'images pour "Alsace franco allemande"

"Zwei Seelen ..."


 "Zwei Seelen ..."

Déchirure, sculpture de Elke Arquès



Deutschland, Heimat - so nah, doch so fern.

Oft Heimweh, dann Fragen, Hin und Her.

Wo ist mein Ort, hier oder dort ?

Einst Vaterland, nun fast nicht erkannt...

Wo zieht's mich hin?  Wo ist mein Glück ?

Die starken Wurzeln im Frankreich - Gestrüpp

erstickten den keimenden Traum vom Zurück.

Einst Deutschland, nun Frankreich und  - Dankbarkeit:

Familie, Freunde, Bücher, Musik -

das alles ist Heimat , Halt und GLÜCK.



Elke Arquès




Zwei Seelen wohnen, ach! in meiner Brust,
Die eine will sich von der anderen trennen!
Die eine hält in derber Liebeslust
sich an die Welt mit klammernden Organen;
Die andere hebt gewaltsam sich vom Dust
zu den Gefilden hoher Ahnen.


- J.W.Goethe / Faust, I



"Deux âmes..."



Allemagne, pays natal - si proche, et cependant si lointain.

La nostalgie souvent, puis des questions, on vient et va.

Où est ma place, ici ou là-bas?

Autrefois patrie, aujourd'hui presque terre inconnue...

Où ai-je envie d'aller? Où se trouve mon bonheur?

Les racines, solidement ancrées en France - telles broussailles -

étouffèrent le rêve germant d'un retour.

Autrefois l'Allemagne, à présent la France et - gratitude:

famille, amis, livres, musique:

C'est tout cela, le pays natal: appui et BONHEUR.